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A Milan ça m’arrivait de faire du shopping avec une copine qui avait longtemps travaillé à Paris au siège d’une grande enseigne française de prêt à porter. Elle m’avait expliqué qu’en matière de confection, on distingue souvent deux types de clientes: la femme dure et la femme molle. La femme dure, c’est celle qui aime les coupes cintrées, les matières indéformables au tombé parfait, les cols en coton bien nets, les vestes de tailleur et les pantalons avec un pli bien marqué devant, le tout souvent décliné dans des couleurs neutres: noir, blanc, beige, bleu marine, rose poudré, bordeaux. C’est la femme d’affaire, l’impeccable portant bottes ou escarpins du soir au matin. La femme molle quant à elle serait plutôt portée sur le jersey, la maille fluide, les tennis, les manteaux-doudous, le gris et le doux, les trucs confortables mais qui vieillissent mal et les collections où la distinction vêtement/pyjama serait devenue floue.

mode look hiver

Toutes considérations psychologiques mises à part (la femme dure n’est pas nécessairement psychorigide, ni la femme molle une feignasse qui se laisse aller), je suis, indiscutablement, une femme molle (non mais la beauté de cette phrase?). Entendons-nous bien, on parle de vêtements seulement, et il est tout à fait possible d’être une femme dure la journée pour aller bosser et une femme molle le soir pour se détendre ou aller danser. Le contraire aussi d’ailleurs, j’en veux pour preuve les profs de yoga qui doivent être ravies de mettre des trucs un peu structurés après avoir passé la journée en sarouel mou.

Mais j’en viens au sujet du jour (genre y’a un sujet du jour): comment on fait quand on est une femme molle pour avoir quand même l’air habillé? J’avoue que ces dernières années ont été plutôt cool avec le retour du sweat en jersey, des baskets et des manteaux ovoïdes tout doux. Il parait qu’on a même le droit de sortir en pantalon de pyjama, mais je crains que ça ne soit réservé aux soirées de bienfaisance branchées et à Rihanna. (Dans cette veine j’ai récemment essayé un charmant pantalon rayé en molleton mais l’effet Obelix m’a fait reculer)

casual wear

Parce qu’en fait, ces vêtements doudou-friendly ne font chics que lorsqu’ils sont neufs, soit pendant une petite semaine au maximum. Une fois portés, lavés et pochés (au choix, au col ou aux genoux), vous avez juste l’air d’une souillon. J’aime bien les marques comme Esprit qui réussissent à créer des lignes spécifiques pour business women molles* comme la collection business lounge (tout est dit) avec des gilets mous mais ceinturés, des pantalons feu de plancher avec un peu de stretch dedans et la maille bouclette structurée d’un passepoil.

look hiver

friday wear

C’est si dur à trouver, l’équilibre entre le confort et l’attitude, surtout quand on partage ses journées entre travail à la maison en molleton et rendez-vous pro où il faut faire un minimum illusion. Quand on sait en plus que je ne repasse pratiquement rien (mais j’ai des techniques d’étendage très élaborées!), que je me maquille rarement et que depuis le retour de la saison des bonnets je suis d’un naturel pas trop coiffée, je pourrais vite avoir l’air d’une mégère quand je sors de ma tanière (j’envoie du rêve, je sais). Pendant longtemps les chapeaux m’ont sauvée, ça donne tout de suite une allure folle, ou alors des chaussures un peu dingues qui détournent l’attention, mais ici à Lyon les gens sont tellement classiques (et j’ai perdu mon statut d’étrangère qui permet toutes les fantaisies) que j’ai un peu peur de passer pour la folle du village avec mes accessoires de cirque!

Du coup j’aimerais savoir, c’est quoi vos trucs à vous pour twister les matières moelleuses et être à la cool sans être débraillé(e)? Pour être en friday wear toute l’année? Pour accessoiriser vos basiques sans avoir l’air déguisé(e)?

*Quelque chose me dit qu’au prochain bilan statistique on va encore avoir des requêtes d’anthologie!

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